Notre-Dame du Mont-Carmel (Vierge Marie)

Reine des Anges, Mère de Dieu, Protectrice de l'Ordre du Carmel

Fête : 16 juillet • sainte

Résumé

La dévotion à Notre-Dame du Mont-Carmel trouve ses racines dans les visions du prophète Élie et s'est perpétuée à travers l'Ordre des Carmes. En 1245, la Vierge apparut à saint Simon Stock pour lui remettre le Scapulaire, gage de salut et de protection spéciale. Cette dévotion, enrichie d'indulgences et du privilège de la délivrance du purgatoire le samedi, est l'une des plus célèbres de l'Église.

Biographie

NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL

ET LE SAINT SCAPULAIRE

Celui qui mourra revêtu du saint Scapulaire, sera préservé des feux éternels ; c'est un signe de salut, une sauvegarde dans les périls et le gage d'une paix et d'une protection spéciale jusqu'à la fin des siècles.

Paroles de la sainte Vierge à saint Simon de Stock.

Ce n'est pas sans sujet que nous joignons ces deux dévotions ensemble, puisque le Scapulaire est une grâce accordée aux religieux de Notre-Dame du Mont-Carmel, et que ces religieux, par la permission du Saint-Siège, font l'une et l'autre solennité en ce même jour.

Le Carmel est une montagne assise en Palestine, dans le partage de la tribu d'Issachar, ayant les monts de Nazareth au levant, et la mer Méditerranée au couchant. L'Écriture sainte en parle toujours comme d'un lieu souverainement fertile et agréable. Nahal, mari d'Abigail, laquelle fut depuis femme de David, n'était riche que par les belles terres et les excellents pâturages qu'il y possédait. Quand l'Époux du Cantique des cantiques veut relever les grâces de son Épouse, il lui dit que sa tête est florissante comme le Carmel : *Caput tuum ut Carmelos*. Et quand le prophète Isaïe nous veut représenter avec de vives couleurs l'éclat et la majesté du Messie qu'il voyait en esprit, comme s'il eût déjà été dans le monde, il nous assure que « la gloire du Liban lui a été donnée », et qu'on l'a revêtu des beautés du

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Carmel et de Saron ; *Gloria Libani data est ei, decor Carmeli et Saron*. Au contraire, lorsque les Prophètes nous veulent faire paraître une grande désolation et un dégât universel, ils disent que le Carmel a été changé en désert, que ses arbres, qui avaient coutume d'être toujours verts, se sont desséchés ; que la joie et les divertissements en ont été bannis, et que, tout ferme et immobile qu'il paraisse, il a été secoué et ébranlé.

Sur cette montagne, le prophète Élie remporta, contre les 850 prêtres de l'idole de Baal, l'illustre victoire si admirablement décrite au troisième livre des Rois, chap. XVIII. Sur cette montagne, un de ses disciples, qu'il envoya sept fois vers la mer, vit à la septième fois une nuée mystérieuse se fondre en pluie et changer en une heureuse fertilité la stérilité des campagnes, qui avait duré trois ans et demi, pour punir les crimes d'Achab et de Jézabel. Plus tard, ce divin Prophète y établit sa demeure, avec le grand Élisée, le premier et le plus célèbre de tous ses enfants spirituels, et y assembla une compagnie de saints personnages, qui furent appelés les Enfants des Prophètes ; il leur prescrivit certaines règles d'abstinence, de jeûnes, de prières et d'autres exercices de piété, qui les distinguaient du commun des Juifs.

Plusieurs auteurs ont écrit que ces religieux de l'Ancien Testament se sont perpétués jusqu'au temps de la venue du Sauveur, autant que la longue domination des rois de Babylone, de Perse, de Syrie et d'Égypte, et les guerres des princes Ammonites le leur pouvaient permettre ; que Notre-Seigneur, la Sainte Vierge et saint Jean-Baptiste les y honorèrent de leur visite ; qu'après la Passion et la Résurrection du Fils de Dieu, quelques-uns des nouveaux chrétiens s'y retirèrent aussi et y continuèrent la vie solitaire de ces illustres disciples d'Élie et d'Élisée, et qu'enfin, dans tout le temps qui s'est écoulé depuis l'établissement de la religion chrétienne jusqu'à Berthold, premier général latin de l'Ordre des Carmes, c'est-à-dire jusqu'au XIIe siècle, cette sainte montagne a toujours été habitée par quelques ermites qui, demeurant dans les cavernes qui y sont en grand nombre, ou en des cellules qu'ils bâtissaient de terre et de branches d'arbres, y ont conservé l'esprit de religion que les anciens Prophètes, et ensuite ces premiers chrétiens y avaient établi. Ils en inférèrent que l'institut de Notre-Dame du Mont-Carmel a le grand Élie pour chef et premier fondateur, et qu'il n'embrasse pas seulement les dix-huit siècles de la loi de grâce, qui se sont écoulés jusqu'à nos jours, mais aussi près de neuf siècles de la loi écrite, savoir depuis Élie jusqu'à la naissance du Sauveur du monde.

Cette succession, sans interruption notable, a été combattue par d'autres célèbres auteurs, principalement par Baronius, en l'année 444 de ses *Annales* ; mais les preuves sur lesquelles elle est établie, quoiqu'elles ne soient pas tout à fait convaincantes, sont néanmoins fort vraisemblables : un grand nombre de papes, de cardinaux et d'évêques l'ont autorisée, en approuvant les offices ecclésiastiques où elle est rapportée ; sainte Madeleine de Pazzi, sainte Thérèse, le B. Jean de la Croix et beaucoup d'autres Saints et Saintes de cet Ordre, à qui Dieu a révélé de grands secrets, n'en ont jamais douté : ils ont, au contraire, fondé plusieurs de leurs dévotions sur cette tradition ; nous ne faisons pas non plus difficulté d'y souscrire ; nous sommes persuadé que Dieu a donné, dans tous les âges du monde, une inclination pour la vie retirée et solitaire, qui, en séparant les hommes du commerce du monde, les rend intérieurs et spirituels et les fait approcher de la pureté des anges ; et que les déserts du Mont-Carmel et des environs étant des lieux fort propres à cette vie, il y a bien de l'apparence qu'après le sé-

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jour des Prophètes, ils n'ont guère été sans quelques saints habitants qui aient voulu être les héritiers de leurs cellules aussi bien que de leur zèle.

Beaucoup de raisons ont fait donner à la Sainte Vierge le surnom de cette montagne sainte : ces raisons se trouvent marquées en ce jour dans les leçons de son office. La première est qu'elle y a été figurée, reconnue et honorée dès le temps des anciens Prophètes, et près de neuf cents ans avant sa naissance. En effet, on ne peut douter que la nuée que le prophète Élie aperçut en ce lieu après son disciple, et qu'il avait lui-même attirée par la sainte opportunité de ses prières, ne fût le symbole et la figure de cette auguste Mère de Dieu. L'Écriture dit qu'elle était comme la trace du pied d'un homme ; que, sortant de la mer, elle s'éleva au milieu de l'air, et que, s'étant ensuite répandue de tous les côtés, elle donna une pluie abondante qui délivra la terre de la sécheresse et de la stérilité dont elle était affligée. Nous avons, dans cette description, une image des vertus et des prérogatives de Marie : elle a été comme la trace du pied d'un homme par son humilité, parce que, comme dit saint Bernard, elle s'est humiliée au-dessous de toutes les créatures. Elle s'est élevée au-dessus de la mer par sa pureté, parce qu'elle est tellement sortie du sein de notre nature corrompue par la voie d'une génération ordinaire, qu'elle n'a rien contracté de sa pesanteur ni de son amertume, et que son innocence et sa sainteté originaires l'ont distinguée de tous les autres enfants d'Adam. Enfin, elle a donné une pluie abondante et salutaire par sa fécondité, parce qu'elle a mis au monde Celui que les Prophètes et tout l'Ancien Testament nous avaient si souvent promis sous les noms de rosée et de pluie.

Ce mystère ne fut pas caché au divin Élie ; Dieu lui ouvrit les yeux de l'âme pour reconnaître que cette petite nuée, qui était si salutaire au peuple d'Israël, était la figure d'une Vierge incomparable, qui devait être la source du bonheur de toutes les nations ; il en informa saint Élisée et ses autres disciples : ce qui fit qu'ils eurent dès lors beaucoup de respect et une affection singulière pour elle. Et, certes, si les druides, parmi les Gaulois, tout païens et idolâtres qu'ils étaient, n'ont pas laissé de lui dédier un autel, longtemps avant sa naissance, avec cette inscription : *Virgini parituræ*, « à la Vierge qui enfantera », pourquoi douterons-nous que ces saints solitaires, qui vivaient sur le Carmel avec tant d'innocence et de pureté, et qui, outre la lumière de la foi, possédaient excellemment le don de prophétie et avaient une parfaite intelligence des saintes Écritures, où les mérites de la glorieuse Vierge avaient déjà été marqués en divers endroits, pourquoi douterons-nous qu'ils ne se soient dévoués à son service, et ne l'aient par avance adorée et bénie comme la Mère de leur Rédempteur ? Ainsi, nous pouvons dire qu'elle était, dès ce temps-là, la Dame et la Souveraine du Mont-Carmel, et que, cette montagne sainte lui appartenant comme son héritage, elle en pouvait légitimement porter le nom.

La seconde raison de cette appellation, c'est que la première et la principale église bâtie sur le Carmel a été bénie et consacrée en l'honneur de la sainte Vierge, de même que celle de Lorette, de Mont-Serrat, de Liesse, du Puy en Velay, de Boulogne-sur-Mer et beaucoup d'autres qui lui font donner les noms des lieux illustrés par ses miracles, par son insigne protection, et par la dévotion des fidèles. Nous lisons même, dans les leçons de l'office de ce jour, que les chrétiens de l'Église naissante furent les auteurs de cet édifice, et que, s'étant retirés sur cette sainte montagne au commencement des persécutions des Juifs, ils y élevèrent, en mémoire de la Vierge, encore sur la terre, une petite chapelle, au lieu même d'où le prophète Élie avait

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vu la nuée salutaire et mystérieuse dont nous venons de parler. Le Carmel a donc cet avantage d'être le premier endroit du monde qui ait été dédié solennellement sous son nom, et où on l'ait invoquée publiquement comme la puissante Avocate de l'Église auprès de son Fils. Si chaque seigneur a droit de prendre le nom des terres, des châteaux et des villes qui sont de son domaine, c'est sans doute avec beaucoup de justice que nous donnons à la sainte Vierge le nom de cette montagne, sur laquelle elle a un droit si ancien, si légitime et si glorieux.

La troisième raison se tire de ce que l'Ordre du Mont-Carmel lui est entièrement dévoué. Nous avons déjà dit que les disciples d'Élie et d'Élisée, qui étaient les Carmes de la loi ancienne, faisaient une profession particulière d'honorer Marie, connaissant, en leur qualité de Prophètes, son excellence et les biens inestimables qu'elle apporterait au monde ; mais les Carmes de la loi nouvelle ont encore enchéri sur cette dévotion : ils l'ont prise pour leur fondatrice, pour leur Mère et leur Supérieure perpétuelle, et ne se sont jamais considérés que comme des personnes toutes consacrées à l'honorer. Aussi, les Papes et les Congrégations de cardinaux leur ont toujours donné le nom de la Vierge, les appelant les frères de Notre-Dame du Mont-Carmel : *Fratres Beata Maria de Monte Carmelo* ; aussi la Vierge ne refuse pas de porter leur nom, étant appelée du Mont-Carmel, non-seulement à cause de l'église qui lui est dédiée en ce lieu, mais encore à cause du riche héritage qu'elle y possède en la personne de ces excellents solitaires. Pour ces raisons et plusieurs autres, le Saint-Siège a permis à ce grand Ordre de célébrer, tous les ans, au 16 juillet, une fête sous le nom de Notre-Dame du Mont-Carmel, soit pour solenniser la dédicace du premier oratoire bâti sur ce Mont, soit pour reconnaître les grâces que la Vierge y a fait couler avec tant d'abondance depuis le temps des Prophètes jusqu'à nos jours ; soit enfin pour la remercier d'avoir répandu cette heureuse semence dans presque tous les endroits de la terre pour la sanctification des âmes.

La Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, plus connue sous le nom de Confrérie du Saint-Scapulaire, a pris naissance, comme l'Ordre lui-même, sur cette sainte montagne.

« Quand, au saint jour de la Pentecôte, les Apôtres, inspirés du ciel, parlaient diverses langues et opéraient grand nombre de prodiges par l'invocation de l'adorable nom de Jésus, plusieurs hommes », dit la tradition, « qui avaient pris les saints prophètes Élie et Élisée pour modèles et avaient été préparés à l'avènement du Christ par la prédication de Jean-Baptiste, instruits et convaincus de la vérité des faits, embrassèrent aussitôt la foi évangélique. Ayant eu le bonheur de jouir de la présence et des entretiens de la très-sainte Vierge, ils commencèrent, par une affection spéciale, à l'honorer d'une vénération si grande, que les premiers de tous ils ont érigé à cette Vierge très-pure une chapelle dans l'endroit même du Mont-Carmel où Élie avait autrefois vu s'élever un nuage semblable à un pied humain ». C'était l'image de Marie, disent les commentateurs, qui apparaissait annonçant la Rosée abondante de la grâce.

« Ils s'assemblaient plusieurs fois le jour dans le nouvel oratoire et y honoraient la très-sainte Vierge, comme leur protectrice, par de pieuses cérémonies, des prières et des hymnes ». Ces assemblées ou réunions particulières formèrent entre eux des liens étroits d'une sainte confraternité, d'où la Confrérie du Mont-Carmel a tiré son origine.

Le saint Scapulaire est un présent de la Mère de Dieu ; c'est un saint habit que les enfants du Carmel ont reçu de Marie, en signe de l'alliance

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qu'elle a bien voulu contracter avec eux dans la personne de leurs pères. Ainsi, la Confrérie du Carmel, la plus ancienne de toutes les Confréries, comme aussi la plus favorisée de Dieu, de la sainte Vierge et du Saint-Siège, a reçu un nouvel éclat et le plus prodigieux accroissement par le privilège singulier du Scapulaire dont elle porte aujourd'hui le nom. Le saint Scapulaire est un don du ciel et le fruit des prières de saint Simon de Stock.

En 1245, les religieux du Carmel étaient en butte aux plus violentes persécutions ; saint Simon, plein de confiance en Marie, ne cessait de la conjurer de soutenir les intérêts de la famille qu'elle avait adoptée et favorisée en tant d'occasions. Sa persévérance fut couronnée, ses vœux eurent la force d'ouvrir le ciel et d'en faire descendre la Reine des Anges.

Après avoir parlé à Simon de Stock, la sainte Vierge laissa le Scapulaire entre les mains du vieillard consolé, et disparut.

Ce n'était pas l'intention de la Mère de Dieu que son bienfait demeurât enseveli dans l'obscurité du cloître ; elle voulait, au contraire, qu'il parût au grand jour et que les fruits s'en répandissent sur l'Église, où ce précieux gage de sa bienveillance devait être pour les chrétiens une annonce de salut, en même temps qu'il serait pour le Carmel un titre d'honneur et de gloire. L'habit de la Vierge fut à peine connu, qu'il excita parmi les fidèles une sorte d'ambition et d'émulation d'autant plus louables, que ce magnifique présent du ciel était plus digne de leurs vœux, tandis que les religieux dépositaires de ce riche trésor, secondant les vues de leur Bienfaitrice, ne cherchaient, de leur côté, qu'à le communiquer et le répandre. Mais il fallait, pour y avoir part, s'associer à leur Ordre, dont ce saint habit est la marque distinctive, et lui appartenir, du moins en qualité de confrères ; il fallait s'y unir d'esprit et de cœur. Et voilà, en effet, à quoi le zèle porta un grand nombre de personnes pieuses de l'un et de l'autre sexe qui, pour devenir les enfants de Marie, se firent les enfants du Carmel et obtinrent le droit de porter les glorieuses livrées de la Reine du ciel, en signe de leur dévouement et de leur consécration à son service.

Ainsi se forma l'illustre Confrérie du Scapulaire, l'une de celles que l'Église a reçues avec le plus de joie et que la piété des fidèles recherche avec le plus d'empressement ; confrérie qui, depuis sa naissance, s'est non seulement soutenue, mais étendue avec des progrès qui lui ont acquis le plus grand éclat, et qui, victorieuse de la corruption du siècle, subsiste encore dans le monde chrétien, sans dégénérer de son ancienne splendeur. Elle a eu des combats à soutenir, elle en a encore ; mais de quelle part ? Il est bien glorieux pour elle de n'avoir presque jamais eu d'autres ennemis que ceux de l'Église, ou des hommes suspects à l'Église.

D'ailleurs, quelle pratique religieuse, quelle observance de piété, quelque sainte et approuvée qu'elle pût être, n'a point eu les siens ?

L'esprit de cette Confrérie est de se joindre aux religieux et religieuses du Carmel, dans la profession particulière qu'ils font d'honorer la Mère de Dieu, c'est-à-dire la plus pure de toutes les Vierges, la plus glorieuse de toutes les Mères ; en un mot, tout ce qu'il y a de plus grand après Dieu, selon cette pensée de saint Bernard parlant à Marie : *Supra te solus Deus, infra te quidquid non est Deus*. Les confrères, en signe de leur dévouement à cette glorieuse Vierge, se revêtent de son habit, c'est-à-dire du Scapulaire, dont elle a bien voulu revêtir les Carmes ; quoi de mieux assorti avec la profession de son culte ? Par là, comme de fidèles serviteurs, ils arborent

Voir la vie de saint Simon Stock, an 16 mai, tome V.

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les marques de leur dépendance, la livrée de leur Souveraine ; ils annoncent publiquement qu'ils sont à Marie, qu'ils lui appartiennent, qu'ils veulent non-seulement l'honorer et la respecter, mais vivre et mourir avec cet habit céleste, selon l'expression de la Sacrée Congrégation.

La fin que se proposent les confrères, c'est de se mettre sous la plus puissante de toutes les protections qu'on puisse espérer auprès de Jésus-Christ, c'est-à-dire sous la protection de Marie, et de participer, d'un côté, aux bienfaits sans nombre que les souverains Pontifes, en considération de cette Vierge sainte, ont répandus à pleines mains sur la Confrérie du Scapulaire ; de l'autre, à ces grâces spéciales, souvent miraculeuses, dont le Scapulaire est une source féconde et abondante, et qui si souvent assurent le salut.

Il n'en est pas de cette pieuse association comme de plusieurs autres, qui forment dans l'Église des corps séparés, qui ont leurs assemblées, leurs statuts, leur règlement à part. Les confrères du Scapulaire ne sont liés entre eux que par une dévotion tendre envers la très-sainte Vierge, dont ils ont l'avantage de porter l'habit.

Les obligations de la Confrérie du Saint-Scapulaire se réduisent à trois principales : 1° recevoir le Scapulaire, avec les cérémonies accoutumées, de la main d'un religieux Carme ou d'un autre prêtre dûment autorisé ; 2° le porter continuellement en scapulaire, c'est-à-dire une partie pendant sur le dos, et l'autre sur la poitrine ; 3° donner son nom pour être inscrit sur le registre de la Confrérie.

Telles sont les obligations qu'impose le Scapulaire, et par conséquent de la Confrérie qui en porte le nom.

Le saint Scapulaire est un don du ciel et un présent de la sainte Vierge ; semblable à l'ange dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, un confrère répand sans cesse, devant le trône de Dieu, la suave odeur des vertus du Carmel. Il exprime dans sa personne le zèle du prophète Élie, la charité du grand Élisée, la religion d'un saint Cyrille, la patience d'un saint Anastase, l'intrépidité d'un saint Ange, la justice d'un saint Albert, la ferveur d'un Pierre-Thomas, la vigilance d'un saint André Corsini, les abnégations d'un Jean de la Croix, les élévations d'une sainte Thérèse, les abandons d'une Madeleine de Pazzi.

Nous savons que quelques écrivains ont cherché à mettre en doute l'origine du scapulaire ; mais comme nous la trouvons rapportée dans plusieurs Bulles des Papes et dans une infinité d'auteurs très-savants et très-judicieux, que la multitude innombrable des miracles qui se sont faits et qui se font tous les jours par la vertu du Scapulaire, semble le justifier suffisamment, et qu'elle est même contenue dans les leçons de l'office de cette fête, qui est approuvé par le Saint-Siège et par la sainte Congrégation, et dont le pape Clément X, d'heureuse mémoire, a permis la récitation à tous les ecclésiastiques et à toutes les communautés séculières et régulières de l'un et de l'autre sexe, dans les pays dépendant du roi d'Espagne, par une Bulle datée du 21 novembre de l'an 1674 ; nous croyons que nous ne pouvons errer en la proposant, non pas comme une vérité de foi et d'une certitude indubitable, mais comme une chose que l'on doit recevoir avec respect et croire pieusement, suivant la doctrine du savant et religieux Jean Gerson, chancelier de l'Université de Paris, qui, dans un traité des vérités qu'il faut croire de nécessité de salut, dit que, pour les vies et les miracles des Saints et les visions des personnes dévotes, qui ne sont point contraires aux règles de la foi et sont rapportées par de graves auteurs, il les faut croire pieusement : « Car l'Église », ajoute-t-il, « les reçoit et permet de les lire, non pas

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comme déterminant qu'il les faille croire de nécessité de salut, mais parce qu'elles sont propres à instruire les fidèles et à faire naître dans leur cœur de saintes affections et des mouvements d'une véritable piété ».

Les souverains Pontifes Jean XXII, Alexandre V, Clément VII, Paul III, Grégoire XIII, Paul V et Innocent XI, etc., ont établi, approuvé ou confirmé la Confrérie du Saint-Scapulaire, qui est maintenant une dévotion très-célèbre dans l'église, et lui ont accordé des indulgences fort considérables.

Voici les principales accordées par divers souverains Pontifes, et en particulier par Paul V, Bulle *Cum certas*, du 30 octobre 1606.

Indulgences plénières : 1° Le jour de la réception du saint habit. (Confession, communion, prière aux intentions de notre Saint-Père le Pape.)

2° Le jour de Notre-Dame du Carmel, 16 juillet, ou le dimanche qui suit.

Benoît XIV a étendu la faculté de gagner cette indulgence à tous les jours de l'Octave. (Mêmes conditions.)

La fête de Notre-Dame du Carmel peut être célébrée le dimanche dans l'Octave, ou même, s'il est nécessaire, un autre dimanche de juillet, et avec la procession.

3° À l'article de la mort.

4° Par deux autres Bulles de Paul V, l'une du 3 août 1609, et l'autre du 19 juillet 1614. Indulgence plénière pour tous ceux qui assistent à la procession que font les membres de la Confrérie, un dimanche de chaque mois, avec la permission de l'évêque. (Confession, communion, prières d'usage.) On dit : pour ceux qui assistent à la procession ; la présence dans l'église ne suffirait pas.

Ceux qui ne peuvent point assister à la procession peuvent gagner l'indulgence, en communiant et visitant ce jour-là la chapelle de la Confrérie. (Clément X, Bref *Commissar Nobis*, du 8 mai 1673.) — Quant aux voyageurs, infirmes, prisonniers, etc., ils peuvent avoir part à l'indulgence de ce dimanche, en récitant le petit office de la Vierge, ou bien cinquante fois le Pater, et l'Ave, et faisant un acte de contrition uni au ferme propos de se confesser et de communier le plus tôt qu'ils le pourront.

5° En vertu de la même constitution de Clément X, Indulgence plénière les jours de la Conception, de la Nativité, de la Présentation, de l'Annonciation, de la Visitation, de la Purification et de l'Assomption de la très-sainte Vierge.

6° Les jours de saint Joseph, de saint Simon de Stock (16 mai), de sainte Anne, de saint Michel, de sainte Thérèse, etc.

7° Tous les mercredis de l'année. Cette indulgence est énoncée dans le diplôme que délivre à Rome le général des Carmes Chaussés, *a Santa Maria Transpontina*, entre le château Saint-Ange et Saint-Pierre : *Et tandem omnibus totius anni quartis feriis, sicut de novo eruitur ex Reg. Archivii Ordinis exhibits et approbato a visitatione apostolica, anno Jubilæi 1825*. Les Carmes Chaussés de Rome tiennent donc cette indulgence pour certaine, et nous ne voyons aucune raison pour ne pas y ajouter foi. — Les conditions pour gagner les indulgences des trois numéros précédents sont : la confession, la communion, la visite d'une église de l'Ordre du Carmel, et les prières accoutumées. Quand la visite d'une église de l'Ordre est impossible, les confesseurs ont la faculté de lui substituer d'autres œuvres de piété. Un rescrit du 15 juin 1855 autorise à visiter l'église paroissiale, là où il n'y a pas d'église appartenant au Carmel.

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Indulgences partielles : 1° Sept ans et sept quarantaines, le dimanche du mois destiné à la procession, quand celle-ci ne peut avoir lieu, pourvu que l'on visite l'église ou la chapelle de la Confrérie ;

2° Cinq ans et cinq quarantaines à ceux qui, revêtus du Scapulaire, communient une fois par mois, et prient pour le souverain Pontife ;

3° Cinq ans et cinq quarantaines à ceux qui accompagnent le Saint-Viatique quand on le porte aux malades, et qui prient pour eux ;

4° Trois cents jours aux associés qui s'abstiennent de viande les mercredis et les samedis ;

5° Cent jours pour chaque fois que les associés font quelque œuvre de piété ou de charité (accompagner au cimetière le corps d'un défunt, soulager les pauvres, réconcilier les ennemis, instruire les ignorants des vérités du salut, etc.) ;

6° Quarante jours, à ceux qui récitent chaque jour sept fois le Pater et l'Ave en l'honneur de la sainte Vierge.

Toutes ces indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire. (Clément X, Bulle *Cum sicut accepimus*, du 2 janvier 1672.) Les églises de l'Ordre de Notre-Dame du Carmel jouissent des indulgences des stations de Rome, aux jours indiqués par le Missel Romain. — (Clément X, Bulle *Commissæ Nobis*, 8 mai 1673.)

Conditions d'admission, de participation aux privilèges, etc. 1° Pour faire partie de la Confrérie du Scapulaire, il faut recevoir le petit habit des mains d'un Père Carme, ou d'un prêtre autorisé à le bénir et à le donner, là où les Révérends Pères Carmes n'ont point de couvent. Le prêtre bénit le Scapulaire et l'impose lui-même, ou le passe au cou des récipiendaires : *Benedictio et impositio* ; les personnes qui se l'imposeraient elles-mêmes ne seraient point reçues, d'après un décret de la sacrée Congrégation des Indulgences.

Le prêtre peut cependant se le donner à lui-même. (Décret du 7 mars 1840.) Pour avoir part aux privilèges et aux indulgences, il faut en outre porter habituellement le saint habit.

D'après un Indult du souverain Pontife Grégoire XVI, en date du 30 avril 1838, l'inscription sur le registre de la Confrérie, précédemment requise par Paul V, n'est plus nécessaire. Par le seul fait de leur réception, les fidèles appartiennent à la confrérie établie dans la localité, ou du moins à la confrérie la plus voisine. Il est néanmoins convenable et consolant de se faire inscrire sur le livre de l'Association.

2° Pour avoir part au premier privilège d'une bonne mort ou de la préservation de l'enfer, il faut appartenir à la Confrérie, porter le scapulaire avec piété, et l'avoir au moment de la mort : *in hoc moriens æternum non patietur incendium*.

3° Pour avoir part au second privilège de la Bulle Sabbatine, c'est-à-dire de la prompte délivrance du purgatoire, il faut, outre les conditions précédentes, garder la chasteté propre de son état et réciter tous les jours le petit Office de la sainte Vierge, selon le bréviaire Romain. Voilà pour ceux qui savent lire. L'Office canonial de l'Église tient lieu du petit Office de la Vierge pour les prêtres, religieux, religieuses tenus de le réciter, comme aussi l'Office lui-même de la Vierge récité par obligation.

Si on ne savait pas lire, il ne faut manquer aucun des jeûnes prescrits par l'Église, et faire maigre tous les mercredis, outre les vendredis et les samedis, excepté le jour de Noël, s'il tombe un de ces trois jours.

L'obligation du petit Office et de l'abstinence du mercredi peut être

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commuée ou changée en d'autres œuvres pies, ou réduite ou diminuée, selon le besoin des personnes et selon la volonté de celui qui fait cette commutation. Il faut, pour la faire, un pouvoir spécial. (Décret du 22 juin 1842.) — Il ne suffirait pas d'être simplement autorisé à recevoir le Scapulaire ; mais c'est assez que les facultés accordées à Rome par les Généraux des Carmes renferment ce pouvoir d'une manière explicite : *Nisi expresse enuntietur in Rescripto concessionis pro benedictione et impositione scapularium*, dit la même déclaration du 22 juin 1842. C'est ce qui a lieu ; car il est dit, dans les facultés délivrées à Rome, que le prêtre qui les a obtenues peut faire cette commutation. Dans le diplôme donné par le Général des Carmes Chaussés, le pouvoir est absolu, sans condition. Dans le diplôme donné par le Général des Carmes Déchaussés, on exige que le prêtre soit approuvé pour les confessions. Cependant il n'est pas nécessaire d'être le confesseur de la personne dont on communie les obligations du Scapulaire ; on peut les commuer hors du saint Tribunal.

La sacrée Congrégation des Indulgences, consultée plusieurs fois à cet égard, a répondu : « Lorsqu'il y a un grave empêchement, les confrères ne sont tenus ni aux jeûnes ni à la récitation des Heures canoniales, ou de l'Office de la sainte Vierge, ni à l'abstinence de viande les jours de mercredi et de samedi. On doit cependant engager les fidèles à se soumettre, dans ce cas, au jugement d'un confesseur docte et prudent, à l'effet d'en obtenir quelque commutation ». (Décrets du 12 août 1840 et du 22 juin 1842, etc.)

4° Pour gagner les indulgences ci-dessus, il suffit d'être reçu du Scapulaire et de le porter, accomplissant toutefois les conditions requises. Il n'est pas nécessaire de faire des prières particulières, comme de réciter sept *Pater* et *Ave*, chaque jour, et quatorze le mercredi ; aucune loi n'y oblige. On n'y serait tenu qu'autant que le prêtre aurait, à l'office de la sainte Vierge ou à l'abstinence du mercredi, substitué ces prières, pour le privilège de la Bulle Sabbatine.

Un décret du pape Paul V (1613) défend de représenter en des images la sainte Vierge comme descendant dans le purgatoire, pour en tirer les âmes des fidèles qui y satisfont à la justice de Dieu, parce que c'est par le ministère des anges, à la suite de son intercession, et non immédiatement par elle-même, qu'elles en sont délivrées ; mais il permet de prêcher et de publier que l'on peut croire pieusement, touchant le secours des âmes des confrères du Scapulaire qui sont décédés dans la grâce de Dieu et ont observé les choses que nous avons marquées, que la sainte Vierge les assiste de ses intercessions, de ses suffrages et de sa protection spéciale, principalement le jour du samedi, que l'Église a consacré à sa vénération.

Ainsi, les chrétiens qui ont reçu le petit habit de Notre-Dame du Mont-Carmel, appelé Scapulaire, s'ils observent fidèlement jusqu'à la mort ce qui est porté dans la Bulle de Jean XXII, peuvent espérer qu'après leur décès, ils recevront le samedi suivant une assistance spéciale de la glorieuse Mère de Dieu, assistance d'un prix et d'une valeur inestimables ; car cette auguste Mère étant si puissante auprès de son Fils, doit procurer de grands soulagements et une prompte délivrance à ceux qu'elle protège spécialement.

Le Scapulaire nous procure donc trois grands privilèges : d'abord le secours de la sainte Vierge durant la vie, pour faire pénitence et pour pouvoir mourir dans la grâce de Dieu ; ensuite plusieurs indulgences très-signalées ; enfin l'assistance de la sainte Vierge après la mort et dans le purgatoire, pour en être délivrés plus promptement. Le premier demande que l'on porte assidûment le petit habit jusqu'au dernier soupir, que l'on soit

16 JUILLET.

zélé pour l'honneur de cette sainte Mère, et qu'on le défende dans toutes les occasions, tant contre les libertins que contre les hérétiques et les infidèles, et qu'on fasse tous les jours quelque prière ou dévotion, pour lui témoigner du respect et de la dépendance. Le second demande qu'on observe exactement ce qui est porté dans les Bulles des indulgences ; car il est certain qu'on ne peut en obtenir l'effet, si l'on n'en accomplit toutes les conditions. Le troisième demande que l'on se conserve inviolablement dans la pureté conforme à son état et que l'on fasse les autres choses qui ont été expliquées suivant la Bulle du pape Jean XXII.

Le grand nombre de miracles opérés en faveur de tant de personnes revêtues de cet habit sacré, fait connaître jusqu'à l'évidence que cette pieuse pratique aujourd'hui si répandue et si célèbre dans tout le monde catholique, est chère et agréable à la Mère de Dieu. Parmi ces miracles, il est bon de rapporter celui qui eut lieu le jour même où saint Simon de Stock reçut de la sainte Vierge le saint Scapulaire. Voici comment le Père Swanington, secrétaire du Saint, le raconte :

« Le seize juillet, pendant que le bienheureux Simon de Stock se rendait à Winchester en ma compagnie, pour obtenir de l'évêque de cette ville, des lettres auprès du souverain Pontife Innocent IV, nous vîmes arriver à notre rencontre Dom Pierre de Lington, doyen de l'église de Winchester, qui pria instamment le bienheureux Simon de Stock de se hâter pour secourir son frère germain qui se mourait dans le désespoir. Cet homme, nommé Walter, était pétulant, hautain, querelleur et adonné aux arts magiques ; il méprisait les Sacrements et tracassait sans cesse tous ses voisins. Dans une querelle qu'il avait eue avec un noble personnage, il avait été blessé mortellement, et se voyant déjà proche du tribunal de Dieu, au milieu des remords de ses crimes que le démon lui rappelait, il ne voulait entendre parler ni de Dieu ni des Sacrements, mais s'écriait tout en blasphémant : « Je suis damné. C'est à toi, diable, que je laisse le soin de me venger de mon meurtrier ». Nous entrâmes dans la maison du malade au désespoir : il écumait de rage, grinçait des dents, et comme un animal en fureur il roulait des yeux effrayants. Saint Simon de Stock, voyant que ce malheureux allait expirer et avait déjà perdu l'usage de ses sens, fit sur lui le signe de la croix, lui mit l'habit saint du Carmel, et levant les yeux au ciel, il pria Dieu de lui accorder le temps de se reconnaître, afin que celui qui était le prix du sang de Jésus-Christ ne fût pas la proie du démon. Tout à coup le malade reprend ses forces, recouvre l'usage des sens et de la parole, et faisant le signe de la croix, il crie contre le démon et commence à dire tout en pleurs : « Hélas ! mes iniquités passent en nombre le sable des mers. Oh ! mon Dieu, votre miséricorde surpasse votre justice, ayez pitié de moi. Et vous, mon Père, aidez-moi ». À ces paroles je me retirai à l'écart, et Dom Pierre me raconta alors que, voyant son frère s'obstiner dans son impénitence, il s'était mis en prière dans une chambre de sa maison, où il avait entendu une voix qui lui dit : « Lève-toi, Pierre, cherche mon serviteur Simon qui est en voyage, et fais-le venir ici ». Il regarda aussitôt pour connaître qui avait prononcé ces paroles, mais ne voyant personne, il entendit encore par trois fois cette voix. C'est pourquoi, jugeant avec raison que c'était une voix du ciel, il était monté à cheval pour aller à la rencontre du vénérable Simon de Stock, rendant grâces au Seigneur de l'avoir trouvé si à propos.

« Walter, après sa confession, renonça publiquement à tous les engagements qu'il avait pris avec le démon, reçut les Sacrements de l'Église et

donna les marques d'une vraie pénitence. Il fit son testament et obligea son frère, sous le sceau du serment, de restituer aux propriétaires respectifs tout ce qu'il avait pris injustement, et de réparer toutes les injures qu'il avait faites ; ensuite, à huit heures environ de la nuit, il expira. Quelque temps après il apparut à son frère et lui dit qu'il était dans le séjour de la paix, et que, par le secours de la très-sainte Reine des Anges et par l'habit du bienheureux Simon de Stock, il avait échappé aux pièges du démon.

Quant aux miracles opérés en faveur du saint Scapulaire, comme il serait trop long de les rapporter ici, qu'il nous suffise de dire en général que souvent les embrasements ont été éteints, les tempêtes apaisées, les pointes d'épées émoussées, les balles aplaties sans faire de plaies, les maladies guéries, les captifs et les prisonniers tirés des fers, et les morts même ressuscités par le moyen de cette puissante défense. Nous devons donc admirer la bonté de la sainte Vierge, qui nous donne un secret si facile de lui témoigner du respect et de nous procurer son secours et sa protection, et nous devons en tirer un grand motif de travailler à imiter ses vertus et à nous rendre agréables à son Fils, Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Nous nous sommes servi, pour compléter le Père Giry, de la Vie de saint Simon de Stock, par Alfred Meulcun, et d'un livre intitulé : Le Chrétien éclairé sur la nature et l'usage des indulgences, par le Père A. Maurel, de la Compagnie de Jésus.

Événements marquants

  • Préfigurée par la nuée vue par le prophète Élie sur le mont Carmel
  • Visite des religieux du Carmel durant sa vie terrestre
  • Apparition à saint Simon Stock en 1251 (mentionné 1245 dans le texte) pour donner le Scapulaire
  • Institution de la fête solennelle le 16 juillet par le Saint-Siège

Miracles

  • Conversion in extremis de Walter à Winchester
  • Extinction d'incendies et apaisement de tempêtes par le scapulaire
  • Protection physique contre les épées et les balles

Citations

Celui qui mourra revêtu du saint Scapulaire, sera préservé des feux éternels.

— Paroles de la sainte Vierge à saint Simon de Stock

Supra te solus Deus, infra te quidquid non est Deus

— Saint Bernard

Date de fête

16 juillet

Décès

Assomption (non mentionnée explicitement ici) (naturelle)

Catégories

Invoqué(e) pour

Préservation des feux de l'enfer, Délivrance du purgatoire (Privilège Sabbatin), Protection dans les périls, Bonne mort

Autres formes du nom

  • Marie (fr)
  • Beata Maria de Monte Carmelo (la)
  • Virgini parituræ (la)

Prénoms dérivés

Marie, Carmel, Carmelle

Famille

  • Jésus-Christ (fils)