Sainte Austreberte de Pavilly

Abbesse de Pavilly

Fête : 10 fevrier 7ᵉ siècle • sainte

Résumé

Fille du comte de Hesdin née au VIIe siècle, Austreberte fuit un mariage forcé en traversant miraculeusement la Canche à pied sec. Devenue abbesse de Pavilly en Normandie, elle se distingua par son humilité, son don de prophétie et ses miracles, notamment sa survie dans un four embrasé. Elle mourut en 704 après avoir vu une procession céleste venir chercher son âme.

Biographie

SAINTE AUSTREBERTE, ABBRESSE DE PAVILLY

Arbor florida virginitatis, Ebur angelici candoris, Hortus religiosae paupertatis, Picta cælestis paradisi...

Anciennes Litanies de sainte Austreberte.

Durant le règne de Clotaire II, roi de France, un prince du sang des premiers rois de cette monarchie, appelé Badefroy ou Badefrid, qui portait le titre de comte de Hesdin, et qui fut depuis maire du palais sous le règne de Childéric II, épousa une princesse d'Allemagne issue des rois du pays, laquelle s'appelait Framechilde ou Frameuse, et dont les vertus furent si éminentes, qu'elle a mérité le titre de Sainte. Ces deux personnes étant unies d'affection, demandèrent à Dieu qu'il bénît leur mariage, et Framechilde reçut du ciel l'assurance qu'elle concevrait une fille qui serait mère de plusieurs autres, en les enfantant à l'Église par l'exemple de sa sainte vie. Quelque temps après, comme elle était sur le point de la mettre au monde, un ange lui apparut et lui enjoignit d'appeler sa fille Austreberte, nom mystérieux dans le langage du pays, car il signifie Froment caché et Fille du Saint-Esprit.

Cette illustre fille naquit donc à Thérouanne, qui était autrefois ville limitrophe des Pays-Bas, mais qui fut ruinée par les Impériaux, l'an 1553. L'histoire assure qu'au moment de sa naissance la chambre de sa mère fut éclairée d'une grande lumière qui parfuma tout le quartier d'une odeur très-suave, et que l'on vit dans l'air une colombe blanche qui, après avoir voltigé par toute la ville, se vint enfin reposer dans cette chambre et sur la tête de l'enfant.

Austreberte commença, dès ses plus faibles années, à donner des marques de la grâce de Dieu qui agissait en elle ; car elle avait une si grande inclination au bien, que toutes les choses de la terre lui étaient insupportables. Elle conçut de bonne heure une ferme résolution de conserver sa pureté tout le temps de sa vie ; elle s'y trouva fortifiée par l'apparition d'un voile qu'elle vit descendre sur sa tête un jour que, par hasard, elle se regardait dans une fontaine au milieu du jardin : le Saint-Esprit lui marquant par là l'état auquel il la destinait.

Elle n'avait point de conversation avec le monde, mais elle passait le temps ou dans la retraite de sa chambre ou au service de l'Église, ou enfin en la compagnie de la princesse sa mère. Elle fut recherchée par plusieurs partis fort avantageux ; ils se seraient estimés heureux de posséder une princesse qui avait ajouté tant de vertus acquises aux illustres qualités de sa naissance. Or, quoique le cœur d'Austreberte ne fût nullement porté au mariage, néanmoins Badefroy, qui espérait toute sorte d'obéissance de sa fille, la promit à un jeune prince. Mais cette généreuse vierge s'étant recommandée à son Époux céleste, et ayant prié un de ses frères de lui tenir compagnie, partit secrètement de la maison de son père, qui faisait sa résidence à Marconne, et se rendit à Thérouanne, où elle espérait se cacher si bien, qu'il serait presque impossible à son père de la découvrir.

Il semblait que les éléments eussent conjuré ensemble pour s'opposer à ses desseins : la rivière de la Canche avait tellement débordé, qu'elle avait abattu les ponts et ruiné tous les moyens qui en pouvaient faciliter le passage ; de sorte que, si la Sainte eût eu moins de confiance en la protection de son Époux céleste, sa fuite se fût terminée au bord de cette rivière. Mais, pleine de courage, elle marcha hardiment sur les eaux ; et, prenant son frère par la main, elle lui donna la hardiesse de faire de même et de la suivre, et ainsi elle se rendit à l'autre bord du fleuve. Saint Omer était alors évêque de Thérouanne ; elle se présenta devant lui, lui déclara sa résolution et l'objet de sa venue ; le saint prélat, reconnaissant quelque chose d'extraordinaire en son action, ne crut pas devoir rien refuser à une personne qui était favorisée dans son dessein par une protection si visible de la main de Dieu ; il lui donna le voile, et autorisa, par cette cérémonie, le vœu qu'elle avait déjà fait en son particulier, de consacrer son corps et son âme au service de son Époux.

Après qu'elle eut reçu le voile, qui était comme la livrée de l'Agneau immaculé, saint Omer la remit entre les mains de ses parents, qu'il avait apaisés, et qui accordèrent enfin à cette vertueuse fille la liberté d'accomplir ce qu'elle avait si heureusement commencé. Il y avait en ce temps-là, sur la Somme, un célèbre monastère de filles, appelé Port, qui florissait en sainteté, sous la conduite d'une très-sage abbesse, nommée Burgoflède. C'est dans cette maison qu'Austreberte fut reçue comme un présent du ciel ; elle y donna dès lors tant de témoignages de sa vertu, qu'aussitôt après sa profession, l'abbesse et les religieuses l'élurent prieure, s'estimant toutes très-heureuses de marcher sur ses traces. Cette dignité ne lui fit rien relâcher des observances régulières, mais elle se rendait la première à tout, quelque pénible et humble que ce fût. Une fois qu'elle cuisait le pain à son tour, aussi bien que les autres, comme elle voulut ôter quelques charbons qui y étaient restés, le feu prit par malheur à son balai, et mit la provision des religieuses en danger d'être perdue. Sainte Austreberte commanda à sa compagne de ne point se mettre en peine, mais de s'arrêter à la porte tandis qu'elle ferait sa prière. Elle fut courte, mais efficace : car, se munissant du signe de la croix, elle entra dans le four embrasé, et le nettoya avec le bout de ses manches, sans en être offensée ni dans sa personne, ni dans ses habits ; et ainsi fut accomplie en elle la promesse que Dieu fait à l'âme juste, de ne la point abandonner ni sur les vagues des eaux, ni dans les ardeurs des fournaises. Au reste, il semble que Dieu ait donné une propriété secrète à tout ce qui a été au service de cette vertueuse vierge, pour résister à la violence du feu, car le feu ayant pris, au XVIIe siècle, à un quartier de la ville de Montreuil-sur-Mer, où ses manches se conservaient avec respect dans un monastère de religieuses, qui portait le nom de cette Sainte, il n'y eut point de remède plus puissant pour leur résister que de présenter aux flammes cette relique, et elles s'arrêtèrent aussitôt : ce qui est encore arrivé plusieurs autres fois en la même ville.

Sainte Austreberte ayant donné des preuves de sa vertu dans cette maison, où elle avait fait son apprentissage dans la vie religieuse, Dieu l'appela à la conduite d'une abbaye en Normandie, par l'entremise de l'abbé Philibert, qui était en grande réputation, et qui gouvernait le monastère de Jumièges, dont il fut le premier abbé. Un seigneur de Pavilly, nommé Amalbert, pour favoriser le dessein d'une de ses filles, nommée Aurée, qui voulait être religieuse, fit bâtir un monastère dans ses terres ; il fallait trouver une abbesse pour gouverner la nouvelle communauté qui s'y établirait : il en conféra avec saint Philibert ; celui-ci nomma prieure du Port notre Sainte, dont on disait tant de merveilles. La Sainte, en étant avertie, s'y refusa d'abord ; mais son évêque lui commanda de suivre saint Philibert, qui était venu en Picardie pour lui faire savoir son élection, et la conduira lui-même à Pavilly. Elle y alla donc, et y fut reçue, avec toute la satisfaction imaginable, par les religieuses qui attendaient une si digne supérieure. Son élection fut affermie par la bénédiction épiscopale, qui lui fut donnée avec le titre d'abbesse par le grand archevêque de Rouen, saint Ouen, autrefois chancelier de France, sous le roi Dagobert.

Mais la nouvelle abbesse eut bientôt à souffrir de l'indiscipline de certaines religieuses, que l'ambition ou la jalousie possédait. Elles poussèrent même la malice jusqu'à empoisonner ce qui devait lui être servi à table. Austreberte, que son Époux céleste avait favorisée du don de prophétie, découvrit un dessein si indigne, non-seulement d'une religieuse, mais même d'une âme chrétienne ; et, se rassurant par les paroles de Jésus-Christ, qui promet à ses fidèles serviteurs que le venin ne leur pourra nuire, elle mangea de ce qu'on lui avait apprêté ; puis, se tournant vers ses filles, elle leur dit d'une parole douce : « Mes filles, qu'est-ce que vous avez fait ? je prie Dieu qu'il vous pardonne le mal que vous avez entrepris ».

Cette douceur, quoique extrême, ne fit point impression sur ces cœurs, incapables de reconnaître les mérites de leur abbesse. Mais, passant d'un poison mortel à un spirituel, elles trouvèrent moyen de l'accuser, auprès du seigneur Amalbert, fondateur du monastère, de trop de rigueur, et presque de cruauté contre sa fille, qu'il aimait fort tendrement : elles ajoutaient méchamment que cette supérieure étrangère dissipait le bien de l'abbaye et se rendait insupportable en ses humeurs.

Amalbert, qui était assez violent de son naturel, se laissa aisément emporter aux premiers mouvements de sa colère, sans prendre la peine d'examiner la valeur et les circonstances de cette accusation ; il vint au monastère tout ému, et avec la résolution de traiter Austreberte avec peu de respect. Mais il alla plus loin peut-être qu'il n'avait prémédité ; après quelques discours, il en vint des paroles aux actions, et, mettant l'épée à la main, il voulut en frapper la Sainte, qui, bien loin de se retirer, présenta généreusement le cou à celui qui la menaçait de la mort, lui faisant voir par là qu'elle était toute prête à sacrifier sa vie pour la justice. Ce seigneur, étonné d'un tel courage, sentit sa colère se changer en douceur, et sa fureur en bienveillance : puis, se blâmant lui-même d'avoir été trop crédule au rapport de ces filles médisantes, il rendit des respects à Austreberte comme à une Sainte que Dieu laissait dans le monde pour la gloire de la religion.

Cependant, cette persécution ne fut pas la dernière qu'elle souffrit en ce nouvel établissement : car l'ennemi, voyant qu'il n'avait rien gagné par ses artifices cachés et par le ministère des autres, résolut de l'attaquer lui-même ouvertement, et par une guerre déclarée. En effet, il arriva une nuit que toutes les religieuses étant à Matines, le démon excita un si grand tremblement dans tout le monastère, qu'il renversa une partie du dortoir. Les religieuses épouvantées voulurent sortir de l'église, mais leur sainte abbesse les en empêcha par la défense qu'elle en fit ; une seule, suivant le mouvement de sa volonté propre, sortit secrètement du chœur : mais elle n'eut pas plus tôt mis le pied dans le dortoir que le faîte tomba par terre, et elle fut accablée sous ses ruines. Lorsque l'office fut achevé, l'abbesse, suivie de toutes ses filles, alla avec la croix pour voir la ruine que l'ennemi avait causée, et elles eurent une consolation en ce désastre : deux jeunes novices, qui étaient demeurées endormies au dortoir, et que l'on croyait ensevelies sous les débris, furent trouvées, l'une sur le penchant d'une muraille, où elle avait été portée par son ange gardien, et l'autre dans son lit, qui était tombé tout droit, sans qu'elle se ressentît de cette ruine : insigne marque du secours de Dieu. Quant à la religieuse rebelle, l'abbesse fit tirer son corps de dessous les monceaux de pierres pour le porter à l'infirmerie, tandis qu'elle priait à l'église ; ayant fait son oraison, elle prit de l'huile de la lampe, la bénit avec le signe de la croix, et, s'approchant de la défunte, elle l'oignit de cette huile, et la fit revenir aussitôt à la vie et à la santé.

La vigilance de cette sainte abbesse semblait infatigable pour procurer le bien de celles que Dieu avait confiées à ses soins. Comme elle visitait, durant la nuit, à son ordinaire, les cellules de ses sœurs, pour voir si chacune était à son devoir, la prieure, éveillée par ce bruit, crut que c'était une simple religieuse, la reprit de manquer à la règle, et, pour pénitence, lui ordonna d'aller prier devant la croix qui était plantée dans le cloître. L'abbesse reçut ce commandement comme s'il fût venu immédiatement de Dieu, y alla joyeusement, et même y demeura en prières jusqu'au lendemain matin ; les religieuses la trouvèrent contente, et dans une parfaite satisfaction d'âme. Enfin, il plut à Dieu de l'appeler de ce monde, et de couronner ses travaux par la récompense qu'elle méritait : l'an de grâce 704, le jour de la Purification de Notre-Dame, son Époux céleste lui envoya un ange pour lui faire savoir qu'elle jouirait, dans huit jours, du bonheur qu'elle désirait depuis si longtemps. Le lendemain matin, elle en donna avis à ses filles, et, se sentant travaillée par les ardeurs de la fièvre, elle se munit des derniers sacrements de l'Église. Au bout de huit jours, un samedi, se voyant proche de la mort, elle leva les yeux au ciel et aperçut une belle compagnie de saints anges qui venaient au-devant d'elle. Alors, se tournant vers les prêtres et vers quelques religieux qui récitaient les litanies, elle leur dit ces paroles : « Faites silence, mes frères ; ne voyez-vous pas la procession qui entre en cette chambre ? Sachez que tous les Saints dont vous avez invoqué les noms en vos prières sont présents en ce lieu pour assister à mon décès, et ensuite me conduire en leur compagnie dans le ciel ».

Enfin, levant une seconde fois les yeux, elle rendit son âme en proférant ces paroles : « Je viens à vous, mon Seigneur que j'ai tant aimé ». Son corps fut enseveli au même lieu de Pavilly, en l'église de Saint-Pierre, où Dieu a fait de nombreux miracles par son entremise.

## RELIQUES ET CULTE DE SAINTE AUSTREBERTE.

Les reliques de sainte Austreberte furent portées à Montreuil-sur-Mer, dans le cours du XIe siècle. On érigea en 1032 le monastère qui, en raison de ces reliques, prit le nom de Sainte-Austreberte. Le 29 vendémiaire an II, le conventionnel André Dumont fit briser la chasse qui les contenait : quelques ossements en furent retirés et sont aujourd'hui conservés en l'église paroissiale de Montreuil, ainsi que son voile, ses manchettes et une partie de son chef. Ces reliques furent reconnues et authentiquées en 1803, puis en 1805, par Mgr de La Tour d'Auvergne, évêque d'Arras. L'église de Saint-Wandrille, arrondissement d'Yvetot, et la chapelle de l'évêché d'Arras possèdent chacune des reliques de sainte Austreberte.

A Sainte-Austreberte, village situé près de Pavilly, existe un pèlerinage où l'on va honorer les reliques de sainte Austreberte.

Une autre localité du canton d'Hesdin porte le même nom.

SAINTE AUSTREBERTE, ABBESSE DE PAVILLY. 425

Outre ces deux paroisses, celles de Saint-Teneux, dans le Pas-de-Calais, de Cantiers et de Pavilly, dans la Seine-Inférieure, sont sous le patronage de sainte Austreberte.

Une chapelle qui lui est dédiée dans l'église d'Esclavelles (canton de Neufchâtel) est le but d'un pèlerinage très-fréquenté.

On célébrait sa fête dans les diocèses de Rouen, de Saint-Omer, de Boulogne, d'Amiens, mais pas dans celui de Thérouanne. La fête simple des anciens bréviaires d'Amiens s'est changée en une simple mémoire, avec leçon propre. Sainte Austreberte figure dans les Propres actuels de Rouen et d'Arras.

Sainte Austreberte est ordinairement figurée en costume de religieuse, et couronnée par deux anges. Adossée aux murs d'un château fortifié, elle tient une croix de la main droite et met l'autre sur son cœur. À sa droite, une colonne ; à sa gauche, une crosse et une couronne sur un coussin. On la représente aussi près d'un four enflammé ; mais on a tort de lui faire parfois porter des charbons ardents dans son giron, ce qui n'est nullement conforme à la légende que nous avons racontée.

Il y avait jadis dans l'église de Port un tableau figurant sainte Austreberte au milieu d'un four embrasé, avec cette inscription :

Je trouve assurément les ardeurs de ce four Moins vives que le feu de mon divin amour.

Une peinture de l'église paroissiale de Montreuil-sur-Mer nous montre la consécration de la Sainte.

Dans la Vie parfaite de sainte Austreberte, par Simon Martin, on trouve cinq gravures représentant : « sainte Austreberte tenant une grande croix, une discipline et une couronne d'épines, entre sainte Julienne et la bienheureuse Marguerite d'Arbouse ; 2e le miracle du voile qui lui apparaît dans une fontaine ; 3e la traversée de la Canche à pied sec ; 4e le miracle de la fournaise de Port ; 5e sainte Austreberte à l'agonie, voyant la procession des Saints qui viennent chercher son âme.

M. l'abbé Cachet dit, en parlant de Gerponville : « Nous y avons remarqué une statue de sainte Austreberte, en costume d'abbesse, aux pieds de laquelle le loup sert mange un âne chargé de linge ». Le Père Cabier va nous expliquer cette attribution. Après avoir vu dans l'âne un symbole d'humilité, il ajoute plus loin (p. 532) : « Cette légende populaire aura été greffée là-dessus, sans qu'on en trouve trace dans les biographies anciennes de la Sainte ou de saint Philibert qui l'avait nommée abbesse. On prétend que le monastère de Pavilly s'était chargé de blanchir le linge de la sacristie de Jumièges et qu'on servait à Austreberte pour transporter le paquet. La bête était si raisonnable et si bien faite à son office, qu'elle s'en allait toute seule opérer la livraison. Mais, à travers la forêt de Jumièges, un loup se jeta sur le docile animal. Sainte Austreberte, qui survenait là, réduisit le mangeur à remplacer sa proie. Cela fut exécuté tant que voulut l'abbesse, qui ne se contenta pas d'un seul voyage. Aussi, une chapelle commémorative, remplacée plus tard par la Croix-à-l'Âne, fut élevée dans ces bois dès le VIIIe siècle, dit-on ; et diverses sculptures plus ou moins exactement interprétées, passent pour en être la reproduction ».

M. Ch. Henneguier nous écrit que cette tradition donna lieu à une fête populaire qui, de Pavilly et de Marconne, fut transplantée à Montreuil. C'était la fête du Vert. Un homme vêtu d'une peau de loup, peinte en vert, portant une charge de linge, montait des bords de la Canche jusqu'à l'abbaye, suivi d'un nombreux cortège. C'est là l'origine du nom de la rue du Vert-Montant.

Le riche album, encore inédit, de MM. Duthoit contient le dessin des trois chasses de Montreuil.

Le monastère de Pavilly, détruit par les Normands, fut relevé de ses ruines au XIe siècle, mais consacré à un prieuré de Bénédictins, sous le nom de Sainte-Austreberte. Il fut uni en 1653 au prieuré conventuel de Saint-Sauve, établissement qui disparut lui-même en 1740.

Quant à l'abbaye de Montreuil, la chapelle a été incendiée, par accident, en 1805. Les autres bâtiments, peu remarquables, servent aujourd'hui de caserne, de manutention et de collège.

Le sceau de ce monastère représentait la sainte Patronne, tenant un livre d'une main, une crosse perlée de l'autre, avec la légende : Sancta Austreberta. Elle est debout ; une mante, qui couvre sa tête, retombe sur ses épaules et descend jusqu'aux pieds.

Il est fait mention de sainte Austreberte au martyrologe romain, et Surine rapporte sa vie en son premier tome. Le Père Giry a aussi fait sur cette Sainte, l'an 1633, un livre entier, où le lecteur verra les miracles et les prodiges que Dieu a opérés par ses mérites et son intercession. Nous avons complété et rectifié cette vie au moyen du travail de M. Corblet sur sainte Austreberte.

Événements marquants

  • Naissance à Thérouanne sous le règne de Clotaire II
  • Fuite de la maison paternelle à Marconne pour éviter un mariage
  • Traversée miraculeuse de la rivière Canche à pied sec
  • Prise de voile auprès de Saint Omer
  • Prieure au monastère de Port sur la Somme
  • Miracle du four embrasé à Port
  • Nommée première abbesse de Pavilly par Saint Philibert
  • Tentative d'empoisonnement et menace de mort par Amalbert
  • Résurrection d'une religieuse rebelle avec de l'huile bénite
  • Mort le 10 février 704 après une vision d'anges

Miracles

  • Traversée de la Canche à pied sec
  • Nettoyage d'un four embrasé sans brûlure
  • Résurrection d'une religieuse avec de l'huile de lampe
  • Soumission d'un loup pour remplacer un âne dévoré
  • Extinction d'incendies par ses reliques

Citations

Je trouve assurément les ardeurs de ce four moins vives que le feu de mon divin amour.

— Inscription sur un tableau à l'église de Port

Je viens à vous, mon Seigneur que j'ai tant aimé.

— Dernières paroles