Sainte Walburge
Abbesse
Résumé
Princesse anglaise et nièce de saint Boniface, Walburge quitta son pays pour évangéliser l'Allemagne. Elle devint abbesse du monastère d'Heidenheim où elle brilla par sa charité et ses miracles. Son tombeau à Eichstätt produit une huile miraculeuse recueillie pour les malades.
Biographie
SAINTE WALBURGE, ABBESSE
Cette illustre Vierge était anglaise de nation, fille d'un saint roi nommé Richard, et d'Unné, ou Unnoheide, sœur de saint Boniface, évêque de Mayence et apôtre d'Allemagne. Elle conçut, dès sa jeunesse, un si grand mépris pour toutes les choses de la terre, que, sans avoir égard ni à la noblesse de sa naissance, ni à son âge, ni même à la qualité de son sexe, elle résolut de quitter son pays, de suivre ses deux frères, Guillebaud et Gombaud, qui avaient passé la mer, et de se rendre avec eux auprès de leur saint oncle, pour travailler, sous sa conduite, à la gloire de Jésus-Christ.
Afin de mieux réussir dans une si généreuse entreprise, elle se joignit à cinq religieuses envoyées par l'abbesse Tetta à ce saint prélat, qui les lui avait demandées ; car les peuples étaient plus attirés à la foi catholique et à la pratique de la vertu par la vie exemplaire des religieux et des religieuses, que par tout autre chose. Ces compagnes furent Cunigilde, tante de saint Lulie ; Béragite, fille de la précédente ; Cunitudre, sainte Thècle et sainte Liobe, illustres vierges que l'on a toujours regardées en Allemagne comme les principales fondatrices des monastères de religieuses.
Dieu fit connaître par un miracle qu'il approuvait cette admirable résolution : une horrible tempête étant survenue aussitôt après qu'elles se furent embarquées sur l'Océan, Walburge la fit cesser tout à coup par ses prières, lorsque chacun se croyait perdu ; de sorte que cette troupe apostolique arriva heureusement en Allemagne. On ne peut pas exprimer la joie de saint Boniface quand il vit tant d'illustres personnes se venir consacrer au service du Sauveur du monde, dans un pays où les mystères de la foi étaient presque inconnus. Notre Sainte n'y fut pas plus tôt arrivée, qu'elle se retira en Thuringe, auprès de son frère Gombaud, supérieur de sept monastères de religieux. Ce Saint, ravi d'avoir auprès de lui une si excellente ouvrière, fit bâtir une maison religieuse, où elle s'enferma avec d'autres filles, qui voulurent avoir part à un si grand bien, et commença à donner d'éclatantes marques de sa vertu, et plus particulièrement de sa ferveur et de son détachement de toutes les choses de la terre. Mais, quelque temps après, saint Gombaud ne pouvant souffrir les honneurs qu'on lui rendait en Thuringe, à cause de son éminente sainteté, résolut de se retirer ailleurs, où il put vivre plus caché. Il alla donc en Bavière, pour consulter son frère Guillebaud, évêque d'Eischstadt ; et, par le conseil de ce saint prélat, et les libéralités du prince Utilon, il fonda, à Heidenheim, deux célèbres monastères : l'un pour les hommes et l'autre pour les filles ; il fit venir dans ce dernier sainte Walburgé, afin d'en être la supérieure.
Ce fut alors que sa sainteté parut dans son plus beau lustre : obligée de se rendre elle-même un modèle de perfection aux yeux de ses religieuses, elle fit admirer, dans toute sa conduite, une charité ardente, une sagesse consommée, une humilité profonde, une douceur extrême, une oraison continue, une mortification sans relâche et un véritable zèle pour la gloire de Dieu et pour la religion. C'est ainsi qu'après avoir saintement gouverné cette maison, il plut à l'Époux des vierges de l'appeler en sa gloire.
SAINTE WALBURGE, ADRESSE.
le 23 février 778, selon l'opinion la plus probable. On l'honore le 4 mai, à cause d'une translation de ses reliques.
Son corps fut inhumé, par son frère Guillebaud, dans le même monastère d'Heidenheim; il fut transféré, près de cent ans après, à Eichstädt, par la piété d'Ocharius, évêque de la même ville, qui l'avait fait canoniser, un peu auparavant, par le pape Adrien II. Mais, dans la suite des temps, ses saintes reliques furent transportées à Furnes, avec celles des saints Guillebaud et Gombaud, par les soins de Gertrude, comtesse de Flandre; il s'en trouve néanmoins quelques parties dans plusieurs autres églises, qui en ont été enrichies par la piété des princes et par la dévotion des fidèles.
On raconte quelques miracles que la Sainte a faits durant sa vie. Elle guérit la fille d'un seigneur, presque mourante; toutes les religieuses aperçurent une lumière céleste, que Dieu avait formée pour lui servir de flambeau lorsqu'elle s'en retournait de l'église en son couvent. Elle eut le pouvoir d'empêcher des chiens furieux, non-seulement de l'approcher, mais même de japper après elle; ce qui a donné occasion de l'invoquer contre la rage de ces animaux. Quant aux nombreux miracles opérés après sa mort, on peut les voir dans les Bollandistes: il en est un qui continue aujourd'hui et qui est d'autant plus remarquable: de son tombeau à Eichstädt, il découle une liqueur embaumée que l'on recueille avec respect et qui sert aux guérisons. Ce fait est exprimé dans ses images par une fiole qu'on met dans sa main ou près d'elle; à ses pieds est une couronne qui indique son origine royale. Fille d'un saint, sœur de deux autres saints, elle leur est souvent associée dans les vieilles estampes.
La mémoire de sainte Walburge est très-célèbre en France, en Allemagne, en Angleterre et en Flandre, comme on le peut juger par les églises, les monastères et les autres lieux publics qui sont dans tous ces pays-là consacrés à son honneur. Mais il ne faut point la confondre avec sainte Wéréburge, fille d'un roi des Merciens, de laquelle le Martyrologe d'Angleterre parle le 3 de ce mois, ni avec d'autres saintes Walburge, qui étaient du nombre des onze mille vierges, compagnes de sainte Ursule.
Acta Sanctorum; Caractéristiques des Saints.
1er MAI.
Événements marquants
- Départ d'Angleterre pour rejoindre son oncle saint Boniface en Allemagne
- Apaisement miraculeux d'une tempête en mer
- Retraite en Thuringe auprès de son frère Gombaud
- Fondation et direction du monastère de filles à Heidenheim
- Canonisation par le pape Adrien II
- Translation des reliques à Eichstädt puis à Furnes
Miracles
- Cessation d'une tempête en mer par la prière
- Guérison de la fille d'un seigneur mourante
- Apparition d'une lumière céleste servant de flambeau
- Pouvoir d'empêcher les chiens furieux d'approcher ou de japper
- Écoulement d'une liqueur embaumée de son tombeau