Le Bienheureux Boniface de Savoie

Évêque de Belley et de Valence, Archevêque de Cantorbéry

Fête : 14 juillet 13ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Prince de la maison de Savoie et moine chartreux, Boniface devint archevêque de Cantorbéry au XIIIe siècle. Il se distingua par sa réforme des mœurs en Angleterre, sa prudence politique comme régent et sa grande charité. Il mourut en Savoie en 1270 après vingt-cinq ans d'épiscopat laborieux.

Biographie

LE BIENHEUREUX BONIFACE DE SAVOIE,

ÉVÊQUE DE BELLEY ET DE VALENCE, ARCHEVÊQUE DE CANTORBÉRY (1270).

Ce prélat, l'un des principaux ornements de la royale maison de Savoie, était fils du comte Thomas Ier ; c'était le prince le plus accompli de son temps. Sa beauté l'avait fait surnommer

LE BIENHEUREUX BONIFACE DE SAVOIE.

l'Abaillon de Savoie. Il eut pour apanage les terres de Rossillon, de Virieu-le-Grand, en Bugey, et autres fiefs en Savoie.

Pour se soustraire aux séductions du monde, il entra dans l'Ordre de Saint-Bruno, et fit profession à la Grande-Chartreuse. Son temps, dans cette pieuse solitude, était entièrement partagé entre la prière, l'étude de la théologie et celle du droit canon, où il se rendit très-habile.

Son unique ambition était de vivre ignoré et de faire oublier ses talents. Mais le ciel avait d'autres vues sur lui. On fit violence à sa modestie en le nommant au prieuré de Nantua, et en lui confiant successivement l'administration des diocèses de Belley et de Valence. Quoique fort jeune encore, il montra tant de maturité, de prudence et de capacité pour les affaires, que l'église de Cantorbéry étant devenue vacante par la mort de saint Edmond, son archevêque, Boniface fut jugé digne de monter sur ce siège, le plus éminent de l'Angleterre.

Il fut consacré solennellement à Lyon par le pape Innocent IV, qui se trouvait dans cette ville pour tenir un concile général.

Les guerres et les calamités de ces temps malheureux avaient porté le dérèglement à son comble dans toutes les classes de la société, et ce n'était certainement pas chose facile, surtout pour un prélat étranger, d'attaquer des abus accrédités par l'usage et par les exemples les plus imposants. Mais l'ascendant des vertus de Boniface, sa patience, sa fermeté, sa prudence triomphèrent de toutes les oppositions et de tous les préjugés. Peu à peu les désordres furent réprimés, les abus corrigés, les vices flétris, et la piété remise en honneur.

Pasteur vigilant, apôtre zélé, sage dispensateur des mystères célestes, Boniface fut toujours l'homme de Dieu dévoué à toutes sortes de bonnes œuvres. Sa charité embrassait sans distinction toutes les infortunes et tous les besoins. Fidèle à son Dieu et à son roi, il défendit tour à tour, et, avec un égal courage, les intérêts de l'Église et ceux du Souverain, prouvant par ses exemples que les ministres de Jésus-Christ ont pour principe, comme leur divin chef, de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César.

De graves dissensions ayant éclaté dans les États de Savoie, durant la minorité du successeur d'Amédée IV, le saint Archevêque accourut, et rétablit la bonne harmonie par son intervention. Le souverain Pontife, à qui il alla rendre compte de tout ce qu'il avait fait dans son diocèse, approuva tout, et lui donna des marques signalées de son estime et de sa confiance. Le roi Henri III, obligé de s'éloigner de l'Angleterre, lui laissa la régence du royaume, et, dans une autre circonstance, il voulut qu'il l'accompagnât en France, pour l'aider de ses talents dans des négociations difficiles.

En 1269, il revint en Savoie, à la prière de son frère Philippe, pour voir sa famille. Ce fut là le terme de sa sainte carrière. Atteint d'une maladie grave, et usé par un épiscopat laborieux de vingt-cinq ans, il mourut à Sainte-Hélène-du-Lac, le 14 juillet 1270.

Son corps, inhumé dans l'abbaye de Haute-Combe, et déposé dans un très-beau tombeau, fut trouvé sans corruption près de trois siècles après sa mort. Ce fait extraordinaire, joint à plusieurs miracles obtenus par l'intercession du saint Prélat et au souvenir de ses vertus, le rendit l'objet de la vénération des fidèles. On venait de tout côté vénérer son tombeau, et il était journellement visité par un grand nombre de fidèles ; mais les Français s'étant emparés de la Savoie à la fin de 1792, poussés par l'impiété révolutionnaire, détruisirent ce monument et chassèrent les religieux de Haute-Combe de leur monastère. Le roi de Sardaigne, ayant, en 1814, recouvré la Savoie, rendit cette abbaye à son ancienne destination, et fit rétablir, en 1826, le tombeau du bienheureux Boniface dont le culte a été approuvé par Grégoire XVI, le 7 septembre 1838.

Tiré de l'Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, par Guichenon, t. I, et le Propre du royaume de Sardaigne. Cf. Mgr Depéry, Hagiologie de Belley, et un mémorandum de Mgr Turtoaz (1839) : ce dernier document nous a été communiqué par l'évêché de Tarentaise.

44 MARS.

Événements marquants

  • Entrée à la Grande-Chartreuse
  • Nomination au prieuré de Nantua
  • Administration des diocèses de Belley et de Valence
  • Consécration comme Archevêque de Cantorbéry à Lyon par Innocent IV
  • Régence du royaume d'Angleterre pour Henri III
  • Retour en Savoie en 1269
  • Mort à Sainte-Hélène-du-Lac en 1270
  • Inhumation à l'abbaye de Haute-Combe
  • Confirmation du culte par Grégoire XVI en 1838

Miracles

  • Corps trouvé sans corruption près de trois siècles après sa mort
  • Plusieurs miracles obtenus par son intercession

Citations

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César

— Texte source (principe de vie)