Sainte Refroy (Renfroie)

Abbesse du monastère bénédictin de Denain

Fête : 18 octobre 9ᵉ siècle • sainte

Résumé

Fille du comte Aldebert d'Ostrevent et de sainte Reine, Refroy fut la première abbesse du monastère de Denain fondé en 764, où elle dirigea ses neuf sœurs. Reconnue pour sa douceur et sa piété, elle mourut vers 895. Son culte, autrefois célébré le 18 octobre, s'étendit du Nord de la France jusqu'en Saxe et en Rhénanie.

Biographie

SAINTE REFROY OU RENFROIE,

ABBESSE DU MONASTÈRE BÉNÉDICTIN DE DENAIN, DIOCÈSE DE CAMBRAI (805).

Le monastère bénédictin de Denain (Denaium, Denonium), fondé vers 764, offre une circonstance particulière et tout à fait remarquable : c'est qu'il fut d'abord occupé par dix sœurs qui s'étaient toutes consacrées à Dieu. Elles étaient filles du bienheureux Aldebert, comte d'Ostrevent, et de sainte Reine. Voici les quelques détails que l'on trouve dans différents auteurs sur sainte Renfroie et ses sœurs.

Le bienheureux Aldebert et son épouse sainte Reine, témoins de la piété de leurs enfants, et confidents de leurs plus chers désirs, firent bâtir (764) près de l'Escaut, à l'endroit où se trouve aujourd'hui la ville de Denain (Nord), un monastère qui fut comme leur dot commune. La joie de ces saintes filles fut grande quand leurs parents prirent cette détermination : et, dès ce moment, elles s'appliquèrent encore avec une nouvelle ferveur à la pratique des vertus religieuses.

Les travaux aussitôt entrepris furent promptement terminés, et les dix religieuses entrèrent avec joie dans le nouveau monastère qui fut placé sous l'invocation de la très-sainte Vierge. On érigea en même temps une église, dédiée à saint Martin, pour quelques prêtres qui devaient célébrer dans ce lieu les sacrés Mystères.

Sainte Renfroie, qui était l'aînée, fut chargée de diriger elle-même ses sœurs dans l'observance de la Règle qu'elles s'étaient imposée. On croit que c'était celle des Chanoinesses Régulières. Ce qui paraît certain, c'est que la Règle de Saint-Benoît n'y fut établie que plus tard, après les invasions des Normands. La jeune abbesse possédait toutes les vertus et les qualités nécessaires pour l'exercice de la charge qui venait de lui être confiée. Elle avait en partage une aimable douceur et une tranquillité d'âme qui la rendaient respectable et chère à tout le monde. Des auteurs ont avancé qu'elle fit un voyage à Rome avec ses sœurs, et que cinq d'entre elles allèrent jusqu'à Jérusalem, où elles moururent saintement. Ce fait ne paraît pas appuyé sur des documents bien certains.

On ne connaît rien de plus touchant la vie de sainte Renfroie. Elle mourut vers l'an 895, et fut enterrée dans l'église de Saint-Martin. On célébrait autrefois sa fête, le 18 octobre, par un office de neuf leçons, dans les diocèses de Cambrai et d'Arras. Son culte était aussi répandu dans la Saxe, à Emerich, à Rees, à Houppel, et dans la collégiale de Xantes, au pays de Clèves. Il est probable que les reliques de sainte Renfroie furent transportées, à une époque quelconque, dans ce pays où sa communauté avait des domaines, et que telle est l'origine de ce culte qui lui était rendu.

On représente sainte Refroy : 1° tenant une église sur la main, comme première supérieure du monastère de Denain ; 2° en compagnie de ses parents, les saints Aldebert et Reine.

Vie des Saints de Cambrai et d'Arras, par M. l'abbé Destombes.

Événements marquants

  • Fondation du monastère de Denain par ses parents en 764
  • Entrée au monastère avec ses neuf sœurs
  • Nomination comme première supérieure (abbesse) de la communauté
  • Voyage possible à Rome avec ses sœurs
  • Mort et inhumation dans l'église Saint-Martin

Date de fête

18 octobre

Époque

9ᵉ siècle

Décès

vers l'an 895 (naturelle)

Catégories

Autres formes du nom

  • Renfroie (fr)

Prénoms dérivés

Refroy, Renfroie

Famille

  • Aldebert (père)
  • Reine (mère)
  • Neuf sœurs anonymes (sœurs)